11/2014 Le Mag Écogest #09

Osons l’innovation !

Quoi de plus indigeste et de moins innovant qu’un éditorial sur l’innovation pédagogique ? D’autant plus que les lecteurs assidus du Mag pourraient nous rappeler que nous en avons déjà écrit un dans un numéro précédent… Concentrons-nous donc, plutôt sur le terme «osons», qui induit «l’audace et l’envie de…».
Cette aptitude «à oser», plus précisément «à prendre des risques», n’est pas (autant l’avouer tout de suite) la qualité première des enseignants. A juste titre d’ailleurs ; en effet certains d’entre vous objecteront qu’ils n’ont pas été recrutés sur ce critère et, que la dimension révolutionnaire de la pédagogie ne s’est guère aventurée, en économie gestion, au-delà de la démarche inductive. Au classicisme supposé des jurys de recrutement des professeurs, on peut adjoindre celui des inspecteurs (analogie peu risquée car ce sont souvent les mêmes personnes…). De ce fait, nous observons souvent des séances de cours dont le conventionnalisme est à la hauteur du contrôle de conformité que nous sommes censés assurer depuis… 1803 (date de création des corps d’inspection). Si à cela, on ajoute un conservatisme indéniable des élèves, qui préfèrent, aux démarches participatives, une dictée (si possible de 32 mots maximum, pour ne pas dépasser les trois interlignes de la pochette), on comprend aisément les réticences des professeurs «à battre en brèches » les codes de la pédagogie.

Alors, pourquoi innover ? Pourquoi prendre des risques ? Pourquoi se mettre en danger ? C’est dans la notion de valeur ajoutée produite que l’on trouve les réponses (et avouer que pour le domaine de sciences de gestion c’est un peu normal !). Mais pour qui ?

 Tout d’abord et surtout pour vous. Un enseignant qui innove, c’est un enseignant qui cherche, qui s’interroge, qui découvre le sens et la richesse du concept de liberté pédagogique. C’est aussi quelqu’un qui, indépendamment de son parcours et de son expérience, trouve du plaisir dans l’exercice de son métier.

 Ensuite pour vos élèves. Si ces derniers n’aiment pas a priori être bousculés dans leurs habitudes, ils apprécieront a posteriori les démarches novatrices. Ils sauront dans leurs vies d’élève puis de citoyen, mobiliser les connaissances et les compétences acquises, surtout si ces dernières ont été acquises in vivo (visites, voyages, rencontres, projets…).

 Enfin, pour l’Institution Éducation nationale. Celle – ci est toujours « friande » d’expérimentations et d’innovations, surtout si elles sont transférables et fécondes ailleurs, même si certains esprits « malicieux », nous rétorqueront que l’innovation ne garantit ni promotion d’échelon, ni promotion de grade…

S’il est alors facile de répondre en quelques phrases au «pourquoi innover », il peut sembler plus difficile de répondre au «comment». Et pourtant, chaque enseignant peut innover en analysant de manière introspective sa professionnalité et en essayant de rompre avec certains rites, habitudes ou pratiques qui ne le satisferaient plus ou qui ne répondraient qu’imparfaitement aux attentes et aux évolutions des publics et des programmes.
C’est dans cette capacité d’auto-critique et d’analyse réflexive que l’enseignant trouvera les ressorts et les clés de l’innovation, même si les sentiers balisés et présentés ici par quelques précurseurs, méritent amplement d’être explorés.

Le comité éditorial

Dans ce numéro :

 Pour quoi l’innovation ?

 De la mise en situation à entrepreneuriat

 Nouvelle dynamique par l’enseignement en langue étrangère

 Les ressources numériques au service d’un enseignement rénové

 Lectures et sites proposés

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